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Aigle botté (Hieraaetus pennatus)
Fig. 1 - Romain Riols
Fig. 1
Fig. 2 - J.P. Urcun et al., 2006
Fig. 2

Populations et aire de reproduction

*Mondiale
Se reproduit dans une bande comprise entre 30° et 56 ° de latitude Nord, du Portugal et du Nord de l’Afrique à la partie occidentale de la Manchourie en Chine (Hagemeijer & Blair 1997). L’espèce est absente en Italie et au centre du continent. Population estimée à 17000 couples (Ferguson-Lees & Christie 2001), un peu moins de la moitié se trouvant en Europe, dont 3000 couples en Espagne (BirdLife International 2004).

*En France
Les effectifs se répartissent sur une diagonale Sud-Ouest/Nord-Est. Le piedmont pyrénéen, notamment l’Ariège et les contreforts du massif central accueillent la moitié de la population nationale, comprise entre 380 et 650 couples, soit 10-15% de l’effectif européen (Thiollay & Bretagnolle 2004).

*Tendances
Population reproductrice stable. Il en est de même pour les effectifs dénombrés à Organbidexka sur la période 1981-2001.

Aire d’hivernage

*Mondiale
Hiverne dans le sous continent Indien et dans les savanes arborées d’Afrique tropicale, du Sénégal à l’Ethiopie et jusqu’en Afrique du Sud. Des populations sédentaires sont signalées à l’Ouest de l’Afrique du Sud et de la Namibie (Kemps & Kemps 1998), aux Baléares et au Pakistan. On signale également une tendance à la sédentarisation au sud et au sud-est de l’Espagne depuis le milieu des années 80 (Marti & Del Moral 2003).

*En France
Quelques individus hivernent dans le sud du pays (surtout en Camargue) depuis une vingtaine d’année (jusqu’à 20 certains hivers).

MIGRATION

Type de vol
Migrateur diurne. Vol plané plus fréquent. Utilise de préférence les ascendances thermiques : ne migre pas ou peu par temps de pluie, vent fort ou brouillard.

Groupe
A Organbidexka, l’Aigle botté passe principalement à l’unité. De gros groupes ont néanmoins été observés en octobre 2004 lors du phénomène de rétromigration évoqué plus loin : jusqu’à 68 individus en une seule ascendance le 10 octobre à Lapalme, Aude.

Heure
A Organbidexka, le nombre d’individus observés en fonction de l’heure suit une courbe Normale (gaussienne) centrée sur 12h.

Forme de coloration
Les individus de forme claire représentent 70% des Aigles bottés migrant dans les Pyrénées-Atlantiques (Dubois et al. 2001) ; il semble que les oiseaux de forme sombre franchissent les Pyrénées légèrement plus tôt que les oiseaux de forme claire (Urcun & Kabouche 1999).

Âge-ratio
A Organbidexka, 10% des adultes sont passés le 31 août, et 10% des juvéniles le 10 septembre ; à partir de la mi-septembre, adultes et juvéniles passent avec la même proportion (Urcun & Kabouche 1999).

Trajet migratoire
Ce rapace cherche à limiter les traversées marines.
Les populations orientales migrent par le Caucase et le Bosphore.
L’immense majorité des oiseaux occidentaux migrent par Gibraltar (entre 4000 et 19000 par automne, Thévenot et al. 2003), alors que seuls quelques dizaines empruntent la Sicile : la plupart des oiseaux italiens remontent vers la France pour franchir la Méditerranée par Gibraltar (Brichetti & Fracasso 2003).
En France, la traversée de la chaîne pyrénéenne s’effectue plutôt sur sa partie occidentale (de 79 à 197 depuis les cols du Transpyr) et centrale : à peine 5% du flux passe par la Cerdagne, à l’est de la chaîne (Urcun & Kabouche 1999), et quelques-uns longent la mer (jusqu’à 25 à Gruissan) ; il s’agirait plutôt d’oiseaux provenant du couloir Rhodanien. La direction adoptée par les quelques migrateurs observés au Fort de la Révère (nord-est dominant) demeure pour l’instant sans explication.

Passage postnuptial
Hormis quelques précurseurs et retardataires, dans les Pyrénées, ce passage s’étale entre le 10 août et le 15 octobre, et atteint son maximum durant les deux dernières décades de septembre.

Passage prénuptial
Débute à la mi-mars et s’achève début mai. A Gibraltar, il culmine entre le 20 mars et le 5 avril. Les sites de nidification sont souvent déjà occupés début avril.

Rétromigration
Un phénomène de rétromigration spectaculaire (en provenance de l’Espagne) a été constaté sur la façade méditerranéenne française et catalane durant l’automne 2004, qui a vu affluer probablement autour de 2000 Aigles bottés se dirigeant vers le nord, principalement lors du mois d’octobre (Guillosson et al. 2006) ; une journée, les observateurs ont constaté dans les Basses Corbières (11) le passage de plus d’un aigle à la minute !

Statut juridique

Espèce protégée, inscrite sur l’annexe 1 de la directive Oiseaux.
UICN : Préoccupation mineure (LC).

Menaces liées à l’homme 

Régression et la disparition de ses habitats et dans certains cas, la gestion forestière
Lignes électriques

Bibliographie

BirdLife International. 2004. Birds in Europe : population estimates, trends and conservation status. Cambridge, UK : BirdLife International.
Brichetti, P. & Fracasso, G. 2003. Ornithologica italiana : Identificazione, distribuzione, consistenza e movimenti degli ucceli italiani. Vol 1. Bologne, Alberto Perdisa : 387-389.
Dubois, P.-J., Le Maréchal, P., Olioso, G. & Yésou, P. (2001). Inventaire des Oiseaux de France. Nathan, Paris.
Ferguson-Lees, J. & Christie, D. (2001). Raptors of the world. Christopher Helm. Londres
Gensbol, B. (1999).- Guide des rapaces diurnes, Europe, Afrique du nord et moyen-orient. Delachaux et Niestlé S.A, Lausanne (Switzerland)-Paris, 414 p.
Guillosson, T., Garcia, F. & Jardin, M. (2006) - “Rétromigration” d’Aigles bottés Hieraaetus pennatus dans le Midi de la France à l’automne 2004. Ornithos 13 (1) : 48-57
Hagemeijer, W.J.M. & Blair, M.J. (1997).- The EBBC Atlas of European Breedings Birds. Their distribution and abundance. T. & A.D. poyser, London, 903 p.
Kemps, A. & Kemps, M. (1998).- Birds of prey of Africa and its islands. New Holland publishers ans Sasol. Londres
Marti, R. & Del Moral, J.C. (2003).- Atlas de las aves reproductoras de Espana, Direccion’ General de Conservacion de la Naturaleza-Sociedad espanola de ornitologia-Madrid, 87, 190-191
Thévenot, M., Vernon, R. & Bergier, P. 2003. The Birds of Morocco. An annotated Checklist. British Ornithologists’Club, Tring.
Thiollay, J.M. & Bretagnolle, V. (2004).- Rapaces nicheurs de France, Distribution, effectifs et conservation, Delachaux et Nieslé, Paris, 176 p.
Urcun, J.P. & Kabouche, B. 1999. La migration post-nuptiale de l’Aigle botté Hieraaetus pennatus à travers les Pyrénées. Alauda 67 (2) : 89-101.
Urcun, J.P., Renard, B. & Auclair, D. 2006. Vingt-cinq saisons de programme transpyr : état des lieux.


Aigle botté, Hieraaetus pennatus (Gmelin, 1788)

Synonyme : Aigle nain

Classification (Ordre, Famille) : Falconiformes, Accipitridés

Description de l’espèce

L’Aigle botté, de la taille d’une Buse variable, est le plus petit des aigles. Il présente une grosse tête proéminente, six rémiges primaires fortement digitées, et des tarses emplumés, points communs aux autres aigles. La queue est sensiblement aussi longue que la largeur de l’aile, droite avec l’extrémité carrée.

La forme claire a le dessous du corps blanc, légèrement strié à la poitrine et à la tête contrastant avec les rémiges noires à l’exception de trois primaires internes qui forment une fenêtre plus claire.

La forme sombre présente une face inférieure brun foncé à brun roux. Comme dans la forme pâle, trois rémiges primaires internes dessinent une zone plus claire.

La face supérieure, bigarrée, présente une bande brunâtre claire aux épaules qui contraste avec les rémiges et la queue beaucoup plus foncées ainsi qu’une tache blanchâtre au niveau du croupion.

Tous les individus présentent une queue grisée en face inférieure, se terminant par une bande plus sombre. Observé de face, on note la présence de petites taches claires (bretelles) de part et d’autre du cou.

La mue postnuptiale des adultes est complète. Sa chronologie est mal connue, elle débute certainement en mai après le retour dans les quartiers d’hiver. La mue post juvénile est complète également et se déroule probablement en même temps que celle des adultes (CRAMP & SIMMONS, 1980).

En vol plané direct, l’Aigle botté maintient ses ailes horizontales, voire légèrement pendantes et coudées, présentant des poignets saillants. En vol plané circulaire les ailes sont tenues droites, horizontales ou légèrement rabattues avec une queue partiellement déployée. Des vol planés sont souvent observés, entrecoupés de quelques battements. Les vols battus présentent des mouvements d’ailes amples, rapides et puissants (GENSBOL, 1999).

La distinction entre les deux sexes est très difficile malgré un dimorphisme de taille (mâle plus petit d’un quart). C’est par une coloration rousse du dessus de la tête, de la nuque et des cuisses qu’un observateur attentif est susceptible de distinguer dans sa forme claire le jeune de l’adulte.

Cet oiseau est plutôt discret, réputé par contre pour être très bruyant en phase nuptiale (Tous les oiseaux d'Europe, J-C ROCHE, CD 1/plage 75).

Longueur totale du corps : 50 à 57 cm, Poids : 500 à 800 g (pour le mâle), 850 à 1250 g (pour la femelle).

Difficultés d’identification (similitudes) 

Les confusions sont nombreuses :

La forme foncée de l’aigle botté peut être confondu avec le Milan noir (Milvus migrans) et le Busard des roseaux (Circus aeruginosus) en raison de taille et de coloration voisine. Cependant, la queue échancrée du Milan noir, et la coloration de la face supérieure des ailes ainsi que la tenue relevée des ailes du Busard des roseaux lèvent toute confusion.

Vue de dessous, la forme claire de l’Aigle botté ressemble au Vautour percnoptère (Neophron percnopterus), bien que celui-ci, de taille beaucoup plus importante, présente en outre une queue cunéiforme.

Il peut également ressembler à un Aigle de Bonelli (Hieraaetus fasciatus) immature de part sa silhouette, mais ce dernier est de taille plus importante et présente des ailes plus larges.

Il ressemble enfin aux formes claires de la Buse variable (Buteo buteo) et de la Bondrée apivore (Pernis apivorus). Dans ce cas, la distinction se fera en recherchant les rémiges noires et les trois primaires plus claires, caractéristiques de l’Aigle botté. Celui-ci présente également des ailes plus longues dont les bords sont relativement parallèles.

Répartition géographique 

Cette espèce discrète, migratrice transsaharienne, occupe une bande comprise entre 30° et 56 ° de latitude Nord, du Portugal et du Nord de l’Afrique à la partie occidentale de la Manchourie en Chine (HAGEMEIJER & BLAIR, 1997).

L’espèce hiverne de l’Afrique occidentale jusqu’en Afrique du Sud. Une population résidente est signalée à l’Ouest de l’Afrique du Sud et de la Namibie (KEMPS & KEMPS, 1998). On signale également une tendance à la sédentarisation au sud et au sud-est de l’Espagne depuis le milieu des années 80 (MARTI & DEL MORAL, 2003). L’espèce est absente en Italie et au centre du continent.

Les effectifs se répartissent sur une diagonale Sud-Ouest/Nord-Est. Le piedmont pyrénéen, notamment l’Ariège et les contreforts du massif central accueillent la moitié de la population nationale. Exclue de l’Alsace, du massif alpin, de la Corse et du quart Nord-Ouest, l’espèce présente une petite population en Provence. Des reproductions ont été constatées ou suspectées en limite de l’aire de répartition connue. Citons en particulier le Sud Finistère et le Jura comtois (THIOLLAY & BRETAGNOLLE, op. cit.). Cependant, les preuves certaines de reproduction pour la Franche-Comté font défaut depuis plusieurs années laissant présager de l’absence de l’espèce en tant que nicheuse. C’est dans le Béarn (7 couples/100 km2), en forêt d’Orléans (5.7 couples/100 km2 pour une population estimée entre 25 à 40 couples pour l’ensemble du département du Loiret (Naturalistes orléanais, 2003)) et dans l’Allier (8.5 couples /100 km2, que l’on relève les densités les plus importantes. Les vallées de l’Allier et de la Sioule (Allier) accueillent 16/21 couples sur 780 km2 tandis que les vallées de l’Allier en Haute-Loire, de la Sioule dans le Puy-de-Dôme et de la Truyère dans le Cantal, accueillent 31-41 couples sur environ 1 000 km² (LPO Auvergne, 2000, 2001, 2005). La vallée de la Dordogne dans la Corrèze, le Cantal et le Puy-de-Dôme abritent 20/24 couples (LPO Auvergne-SEPOL, 2000). La Saône-et-Loire accueille un minimum de 50 couples et il se reproduit au moins en petit nombre dans les autres départements de Bourgogne (GENTILIN, 2000). La présence de l’Aigle botté est confirmée sur les départements du Languedoc-Roussillon, plus particulièrement dans l’Aude (POLETTE, 2004).

Quelques individus hivernent dans le sud de la France depuis une vingtaine d’années (YEATMAN-BERTHELOT, 1991) notamment dans le Gard et la Camargue (1 à 5 réguliers) et les Pyrénées-Orientales (occasionnel).

Ecologie

Dans ses quartiers d’hiver, l’espèce fréquente les zones de savanes et de steppes boisées du sud saharien.

Difficile dans le choix de son site de nidification, exigeant en tranquillité, l’aigle botté fréquente surtout des milieux forestiers ou semi-forestiers calmes et secs, entrecoupés d’espaces ouverts ou de landes. Il recherche généralement des vieux arbres situés en haut de versants bien exposés lui permettant un envol aisé, sur lesquels les deux adultes construisent ou réaménagent une ancienne aire à une hauteur de dix à trente mètres (FOMBONNAT, 2004). La diversité des milieux lui convient mieux que l’uniformité. Les bois pâturés de chênes pubescents constituent des terrains de chasse intéressants.

Il peut nicher du niveau de la mer jusqu’à 1600 mètres dans les Pyrénées. Dans le Sud il est présent dans les pinèdes et dans les chênaies vertes. On le trouve en plaine, nichant dans une peupleraie en ripisylve de l’Aude à une altitude de 126 mètres (POLETTE, 2004). Dans le centre et dans le Nord-Est son domaine vital est constitué de massifs de feuillus et de pins entourés préférentiellement de zones bocagères, mais des tentatives d’installation ont été observées dans de petits bois isolés au milieu de grandes cultures dans le Gâtinais de l’Ouest. En forêt d’Orléans, il semble installer son nid préférentiellement sur pin sylvestre ou pin laricio. En Corrèze et dans le Cantal il niche aussi bien dans des grands hêtres en versant Nord (NORE, comm. pers) que dans les chênaies. La surface de son territoire n’est pas bien connue (CARLON, 1987).

Comportement

Chasseur habile en vol, exécutant parfois des piqués et plus couramment des vols glissés à quelques dizaines de mètres d’altitude comme l’Autour des palombes (Accipiter gentilis), l’Aigle botté parcourt aussi bien les zones forestières que les plateaux ouverts. Il peut être observé à plus de 10 km de l’aire. Bien que quelques individus soient régulièrement observés en hivernage dans le Sud de l’Europe (OLIOSO, in YEATMAN & BERTHELOT, 1991), l’espèce est migratrice. La migration, essentiellement terrestre, s’opère par le Caucase, le Bosphore et Gibraltar (GENSBOL, op.cit.). Les oiseaux nord-pyrénéens gagnent le sud du Sahara en survolant dans la deuxième moitié de septembre les cols pyrénéens (col d’Organbidexka) (URCUN & KABOUCHE in YEATMAN-BERTHELOT, op. Cit.). Des individus migrateurs sont régulièrement observés en Auvergne et dans le Languedoc-Roussillon. Solitaire dans leurs quartiers d’hiver, les aigles bottés constituent un couple uni, semble-t-il à vie, sur le site de reproduction. En phase prénuptiale les premiers oiseaux sont observés dés la mi-mars pour être sur les sites de nidification début avril.

Un phénomène de rétro-migration (de l’Espagne) a été observé de façon spectaculaire durant l’automne 2004 qui a vu affluer plusieurs centaines d’oiseaux à l’origine d’un hivernage sans précédent dans le midi de la France(GUILLOSSON et al., 2006).

Reproduction et dynamique de population

La maturité sexuelle de l’Aigle botté n’est pas connue. C’est vers la mi-avril que les parades nuptiales peuvent être observées. Les oiseaux sont très bruyants et effectuent des piqués spectaculaires après s’être élevé à des altitudes variant de 500 à 800 mètres. Des poursuites en parallèle sont parfois observées (CARLON, 1987). Fin avril, et surtout dans la première quinzaine de mai, la femelle pond 2 œufs dans un nid fait de branches et de brindilles et garni de feuilles vertes et d’aiguilles de conifère. Le nid peut être réutilisé plusieurs années de suite. Il est courant de constater l’élevage de deux juvéniles, contrairement à d’autres espèces d’aigles pour lesquelles des cas de caïnisme sont fréquents. La couvaison est assurée principalement par la femelle pendant 36 à 38 jours. L’envol des juvéniles s’opère entre 50 à 60 jours après l’éclosion. Après avoir accompagné les parents pendant un maximum de 47 jours le départ en migration des juvéniles anticipe d’une quinzaine le départ des adultes (GENSBOL, op. cit.).

Le nombre moyen de jeunes à l’envol varie de 1.3 dans le Gers et la Saône et Loire à 1.6 dans les Pyrénées occidentales (FOMBONNAT, 2004)

Régime alimentaire

Ecléctique, il consomme préférentiellement des reptiles (en Espagne, grands lézards surtout) et des oiseaux de moyennes et petites tailles (petits passereaux, turdidés, columbidés, corvidés..), mais également de petits mammifères comme les lapereaux et les campagnols. Il chasse aussi bien en sous-bois où il pratique la chasse à l’affût, qu’en milieu découvert et n’hésite pas à s’approcher des fermes et des villages, attiré notamment par les pigeons domestiques. Dans ce dernier type de milieu, soit il pratique l’attaque en plein ciel, soit il exécute d’abord un vol glissé d’observation à faible hauteur, puis attaque sa proie qu’il maîtrise au sol. Des insectes, consommés au sol, peuvent représenter jusqu’à 20 % de son alimentation (GENSBOL, op. cit.).

Habitats de l’Annexe I de la Directive Habitats susceptibles d’être concernés

Compte tenu de la plasticité de l’espèce, les habitats peuvent être variés, nous citerons principalement :

9120 - Hêtraies acidophiles atlantiques à sous-bois à Ilex et parfois à Taxus (Quercion robori petraeae ou Ilici-Fagenion)(Cor. 41.12)

9130 - Hêtraies de l’Asperulo-fagetum (Cor. 41.13)

9150 - Hêtraies calcicoles medio-européennes du Cephalenthero-Fagion (Cor. 41.16)

9160 - Chênaies pédonculées ou chênaies-charmaies subatlantiques et médio-européennes du Carpinion betuli (Cor. 41.24)

9180* - Forêts de pentes, éboulis ou ravins du Tilio-Acerion (Cor. 41.4)

9190 - Vieilles chênaies acidophiles des plaines sablonneuses à Quercus robur (Cor. 41.51 et 41.54)

91E0* - Forêts alluviales à Alnus glutinosa et Fraxinus excelsior (Alno-Padion, Alnion incanae, Salicion albae) (Cor. 44.13, 44.2, 44.3)

9230 - Chênaies galicio portugaises à Quercus robur et Quercus pyrenaica (Cor. 41.6)

9340 - Forêts à Quercus ilex et Quercus rotundifolia (Cor. 45.3)

Statut juridique de l’espèce

Espèce protégée en France (article 1er de l’arrêté modifié du 17/04/81), inscrite à l’Annexe I de la Directive Oiseaux, à l’Annexe II de la Convention de Berne, de Bonn et de Washington et à l’Annexe C1 du règlement CEE/CITES.

Présence de l’espèce dans les espaces protégés

L’espèce est présente dans plusieurs ZPS lors de sa reproduction, pour des haltes migratoires ou en hivernage. Les principaux sites sont la Forêt d’Orléans (Loiret), les Gorges de la Truyère (Cantal), le Pays de Sault (Aude), la Haute soule (Pyrénées-Atlantiques) en reproduction, la Camargue Gardoise fluvio-lacustre (Gard) et la Camargue (Bouches-du-Rhône) en hivernage.

Etat des populations et tendances d’évolution des effectifs

La population mondiale approche les 17 000 couples nicheurs (FERGUSON-LEES & CHRISTIE, 2001) et les effectifs européens sont estimés à 2 700/5 800 couples reproducteurs, Turquie et Russie exceptée (BIRDLIFE INTERNATIONAL, 2004a). Les deux tiers des effectifs européen, soit 2 000 à 4 000 couples, sont présents dans la péninsule ibérique (BIRDLIFE INTERNATIONAL/EBCC, 2000). Le statut de conservation de l’Aigle botté est jugé « rare » en Europe et en France (BIRDLIFE INTERNATIONAL, 2004b). La population est en déclin dans plus de la moitié des pays ou il est considéré comme reproducteur, en particulier les populations les plus orientales. La population reproductrice se maintient en Espagne, avec 50% des effectifs nicheurs européens, au Portugal, en France et en Russie, pays accueillant 85 à 91 % de la population européenne de l’espèce (MARTI & DEL MORAL, op. Cit.).

La France accueillerait de 10% à 15% de l’effectif nicheur européen (380 à 650 couples territoriaux) ce qui la place comme 2ème pays européen derrière l’Espagne en terme d’importance de la population présente sur son territoire (THIOLLAY, J.M. & BRETAGNOLLE, V. op. cit.). C’est au cours des dernières décennies que l’Aigle botté a régressé dans la moitié Nord de la France vraisemblablement en raison des importantes modifications des pratiques agricoles qui ont entraîné la perte de ses habitats.

Menaces potentielles

Dégradation et perte de l’habitat :

La plus grande part des abandons de site correspond à des modifications significatives de l’habitat de l’espèce. La disparition des lieux d’alimentation (prairies et espaces bocagers de plaine à proximité des sites de nidifications, grands massifs forestiers) a sans doute contribué à la diminution de l’espèce.

En forêt, La récolte des arbres porteurs du nid ou propice à une installation (vieux arbres en haut de versant) diminue également les potentialités de nidification. En montagne, la menace vient de la fermeture des milieux ouverts, notamment en Ariège, suite à la déprise agricole.

Par ailleurs, les travaux forestiers et les exploitations forestières en période de reproduction, la création de pistes de débardage et les activités de tourisme vert sont suceptibles de perturber l’Aigle botté sur ses sites de reproduction, voire de déplacer les reproducteurs vers des secteurs moins intéressants pour leur nidification.

Enfin, les lignes électriques représentent un risque de collision pour ce rapace.

Propositions de gestion

La conservation d’un maillage bocager en périphérie des massifs boisés et le maintien de la diversité des milieux devraient permettre de pérenniser les ressources alimentaires indispensables à la réussite de la reproduction, l’un des facteurs les plus critiques pour l’espèce (faible taux d’envol en France).

En forêt, l’essentiel des mesures à prendre passe par une bonne connaissance des sites de nidification et la prise en compte de l’espèce dans les actes de gestion, (absence de coupes et de travaux sylvicoles en période de reproduction).

La mise en place d’un rayon de tranquillité en accord avec le propriétaire ou le gestionnaire (de 150 à 300 mètres autours de l’aire, selon la configuration des lieux, zones pentues ou non), serait nécessaire, en conservant une couronne de plusieurs hectares de peuplement forestier mature.

Dans les massifs où l’espèce est connue, la présence constante à l’échelle du massif de peuplements matures suffisamment étendus doit être garantie.

Une concertation lors de projets de création de piste dans les milieux sensibles doit être engagé avec les organismes gestionnaires. Des clauses prévoyant la suspension de tous travaux et de limitation d’accès à certaines pistes à proximité des aires de mars à août dans un rayon de 300 mètres doivent être rédigées et appliquées.

Il faut continuer la mise en sécurité des installations électriques par la pose de dispositifs tels que les systèmes anti-collision et les isolateurs (SERIOT & ROCAMORA, 1992).

Le développement en cours d’installations éoliennes doit prendre en compte, à l’échelle de l’Europe, la présence de couloirs de migration.

Il y aurait nécessité de préserver les principaux sites du piémont pyrénéen parce qu’ils concentrent probablement près de la moitié des effectifs français (THIOLLAY & BRETAGNOLLE, 2004).

Etudes et recherches à développer

L’Aigle botté est un oiseau discret dont les effectifs sont très difficiles à estimer. Une priorité doit être accordée à une intensification des prospections avec la mise en place d’une coordination nationale.

Un programme pourrait être mis en place avec l’Espagne pour mieux appréhender notamment les phénomènes de migration et de sédentarisation.

Des études permettant d’apporter une meilleure connaissance de la migration (phénomène de rétro-migration, quartiers d’hivernage), du régime alimentaire et des habitats utilisés sont également nécessaires.

A l’échelle locale, la sensibilité de l’aigle aux éoliennes pour les zones de chasse et de nidification doit être vérifiée.

Bibliographie

BIRDLIFE INTERNATIONAL/EBBC (2000).- European Bird Populations. Estimates and trends. Cambridge, UK. Birdlife International, 160 p.

BIRDLIFE INTERNATIONAL (2004a).- Birds in the Européan Union : a status assessment. Wageningen, The Netherlands : Birdlife International, 39 p

BIRDLIFE INTERNATIONAL (2004b).- Birds in Europe : population estimates, trends and conservation status. Cambridge, UK : Birdlife International. (BirdLife Conservation Series No. 12)

CARLON, J. (1987).- Effectifs, répartition et densité de l’Aigle botté, Hieraaetus pennatus (Gmelin 1788) dans les Pyrénées-Atlantiques, Alauda, 55, 81-92

CRAMP, S. & SIMMONS, K.E.L. (1980).- Handbook of the birds of Europe, the middle East and north Africa. Volume II, hawks to bustards. Oxford University Press, 577 p.

FERGUSON-LEES, J. & CHRISTIE, D. (2001). Raptors of the world. Christopher Helm. Londres

FOMBONNAT, J. (2004).- Aigle botté 100-103 p. – In THIOLLAY J.M. & BRETAGNOLLE V. : Rapaces nicheurs de France, Distribution, effectifs et conservation, Delachaux et Nieslé, Paris, 176 p.

GENSBOL, B. (1999).- Guide des rapaces diurnes, Europe, Afrique du nord et moyen-orient. Delachaux et Niestlé S.A, Lausanne (Switzerland)-Paris, 414 p.

GENTILIN, C. (2000).- L’Aigle botté, in Les Rapaces de Bourgogne (Strenna, L. coord.), l’Aile Brisée, Talant, p126-129.

GUILLOSSON, T., GARCIA, F. & JARDIN, M. (2006) - “Rétromigration” d’Aigles bottés Hieraaetus pennatus dans le Midi de la France à l’automne 2004. Ornithos 13 (1) : 48-57

HAGEMEIJER, W.J.M & BLAIR, M.J. (1997).- The EBBC Atlas of European Breedings Birds. Their distribution and abundance. T. & A.D. poyser, London, 903 p.

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MARTI, R. & DEL MORAL, J.C. (2003).- Atlas de las aves reproductoras de Espana, Direccion’ General de Conservacion de la Naturaleza-Sociedad espanola de ornitologia-Madrid, 87, 190-191

Naturalistes Orléanais (2003) – Mise à jour des connaissances sur les espèces de la Directive « Oiseaux » CE 18 : Forêt d’Orléans, Massifs d’Ingrannes et de Lorris. Propositions d’adaptations argumentées des périmètres Zico. Rapport Diren-Centre. 36 p + annexes cartographiques.

POLETTE, P. (2004).- L’Aigle botté, hieraaetus pennatus, nicheur dans l’Aude, Bulletin Meridionalis, n°6, 34-38

ROCAMORA, G. & YEATMAN–BERTHELOT, D. (1999).- Oiseaux menacés et à surveiller en France, Liste rouge et priorités, Société d’Etudes Ornithologiques de France et Ligue pour la Protection des Oiseaux, 228-229

SERIOT, J. & ROCAMORA, G. (1992).- Les rapaces et le réseau électrique aérien. Analyse de la mortalité et solutions. Rapport LPO/EDF, 19 p

THIOLLAY, J.M. & BRETAGNOLLE, V. (2004).- Rapaces nicheurs de France, Distribution, effectifs et conservation, Delachaux et Nieslé, Paris, 176 p.

YEATMAN-BERTHELOT, D. (1991).- Atlas des oiseaux de France en hiver. Sciété Ornithologique de France, Paris, 575 p.

Source: Cahiers d'habitat Oiseaux

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