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Un périple risqué

Pour les oiseaux...

Si pour certaines espèces gibiers, la chasse représente une partie importante des pertes infligées à une espèce durant la migration, pour la majorité des petits passereaux, par exemple, la prédation, les mauvaises conditions météorologiques et la difficulté de trouver des sites pour s’alimenter comptent parmi les principales menaces. Il est probable que chaque année, seule la moitié des passereaux ayant entamé leur migration postnuptiale survive et effectue la migration de retour.

Au cours de leur long voyage, les oiseaux feront face à un grand nombre de dangers. C’est d’ailleurs lors de cette période de leur cycle de vie que les risques de mortalité sont les plus élevés. Ainsi, pour une Fauvette américaine (Paruline bleue), on a calculé que la probabilité de mortalité était 15 fois supérieure lors de la migration que lors des phases stationnaires (reproduction et hivernage) : chez cette espèce, plus de 85% de la mortalité annuelle a lieu pendant la migration (Sillett et Holmes 2002).

La principale cause de mortalité durant la migration est la prédation, principalement pour les passereaux. Ainsi, durant leur migration (d’une durée d’environ 6 semaines), on a estimé à 10% la proportion de pinsons (des arbres et du Nord) tués par des prédateurs (Lindström 1989). Il a d’ailleurs été avancé par plusieurs recherches (mais certaines présentent des résultats contradictoires) que les oiseaux ayant les réserves de graisse les plus importantes seraient les plus vulnérables aux attaques par les prédateurs.

Epervier d'Europe, prédateur de passereaux R.Riols

D’un point de vue évolutif, les oiseaux privilégient ainsi pour leurs haltes migratoires les habitats dans lesquels les risques de prédation sont les plus faibles, et peuvent au cours du temps modifier le calendrier de leur migration pour éviter le pic migratoire de leurs prédateurs. Les prédateurs peuvent d’ailleurs adopter un comportement évolutif semblable : les Faucons d’Eléonore et concolores ont ajusté leur période de reproduction pour la faire coïncider avec le pic migratoire postnuptial de leurs proies, les petits passereaux (Walter 1979). 

Certains événements climatiques, en premier lieu les tempêtes, peuvent déporter sur de longues distances certains migrateurs, en particulier ceux de petite taille, et causer une mortalité importante. Ils peuvent être à l’origine de l’arrivée d’oiseaux américains le long des côtes européennes, activement recherchés par de nombreux ornithologues après le passage d’une tempête d’automne !

Le vent, de manière générale, déporte les oiseaux qui ne modifient pas toujours leur direction de vol en fonction ; ceci, en plus des erreurs de navigation, conduit un certains nombre d’oiseaux à se perdre en mer, et y périr (on estime que la mortalité en mer concerne entre 1 et 10% des passereaux migrant le long des côtes d’Amérique du Nord).

Le brouillard peut également être la cause de désorientations importantes : au lieu d’un vol direct, les migrateurs peuvent se mettre à emprunter un vol circulaire ou en zigzags, et s’épuisent plus rapidement. Il peut en résulter de grosses chutes de migrateurs (que les britanniques nomment avec humour « magic carpet »), concernant parfois plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’oiseaux.

L’homme est évidemment aussi à la source de nombreux obstacles.

Par certaines conditions météorologiques, des hécatombes sont parfois constatées autour des phares, leur lumière attirant les migrateurs nocturnes comme des papillons de nuit, qui s’épuisent à tourner autour parfois jusqu’à l’épuisement total de leurs réserves. La pollution lumineuse émanant des grandes métropoles est également responsable de nombreuses collisions. Les lignes électriques causent chaque année l’électrocution de centaines de grands migrateurs (rapaces, cigognes, grues…). Les éoliennes constituent également une source d’inquiétude : implantées de manière inconsidérée, sur des voies migratoires en particulier, elles présentent un risque de mortalité important pour les migrateurs nocturnes et les planeurs. L’implantation de fermes éoliennes en mer pourrait également représenter une nouvelle cause de mortalité pour les sternes, les labbes et autres oiseaux marins. La chasse aux oiseaux migrateurs, si elle ne concerne pas toutes les espèces, est loin d’avoir un impact négligeable. D’après les tableaux de chasse de la saison 1998-1999 (ONCFS), près de 17 millions de migrateurs sont tués chaque année au-dessus du ciel français.

Enfin, la modification des habitats (notamment les zones humides) amoindrit la qualité et la quantité des haltes migratoires, essentielles pour que les centaines de millions d’oiseaux qui traversent nos pays puissent reconstituer leurs réserves de graisse en prévision de leur prochaine étape.

Et parfois pour l'Homme ?

Mais le périple du peuple migrateur comporte également quelques risques pour l’Homme !

On connaît bien le problème des collisions avec les avions : celui-ci peut être particulièrement tragique lorsqu’il s’agit d’avions militaires, volant à une vitesse très élevée. Ainsi, Richardson (1998) a relevé, depuis une trentaine d’années et dans 22 pays, 227 cas de collision entre des avions militaires et des oiseaux migrateurs, ayant entraîné la mort de 118 personnes.

Certains oiseaux migrateurs sont craints des agriculteurs : lors des rassemblements prémigratoires, des récoltes entières de vignes, d’oliviers ou de céréales peuvent être ravagées par le séjour d’un groupe de granivores.

Enfin, par leurs grands déplacements, les oiseaux constituent des vecteurs idéaux pour les bactéries et les virus. Si la grippe aviaire semble transportée par le commerce des oiseaux d’élevage plutôt que par les oiseaux migrateurs, d’autres agents pathogènes font l’objet de surveillance attentive, comme par exemple le virus du Nil dans le sud de la France. Les oiseaux sont les principaux hôtes de ce virus, transmis par les moustiques (en particulier les Culex) -l’infection des mammifères demeure accidentelle, et les migrateurs permettent la propagation du virus vers le Nord.

Migrateurs et grippe aviaire

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VisioNature est un outil développé avec la collaboration du réseau LPO. Grâce aux technologies Internet, débutants, amateurs et professionnels naturalistes, peuvent partager en temps réel leur découverte et ainsi améliorer la connaissance et la protection de la faune

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