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Autour des palombes (Accipiter gentilis)
Fig. 1
Fig. 1

Autour des palombes cyrno-sarde, Accipiter gentilis arrigonii (Kleinschmidt, 1903)

Classification (Ordre, Famille) : Falconiformes, Accipitridés

Description

Rapace diurne de taille moyenne, mais d’aspect massif, présentant un dimorphisme sexuel prononcé, les femelles étant plus grandes que les mâles. Dessus gris sombre, dessous clair fortement strié de gris. Ailes relativement courtes et arrondies, longue queue barrée et sourcils blancs. Les jeunes présentent une couleur brun-roux sur le dessus avec le dessous marqué de flamèches rousses. L’iris est jaune. Les immatures sont plus clairs que les adultes et sont striés dessous. Tout comme chez le jeune l’iris est jaune.

La mue postnuptiale des adultes, complète, a lieu entre avril et septembre. Celle des juvéniles, elle aussi complète, commence plus tardivement.

La forme arrigonii est endémique aux îles Corse et Sardaigne. En la comparant à la forme nominale, Vaurie (1965) la caractérisait de la façon suivante : petite taille des individus ; chez l’adulte le plumage est plus sombre, la tête noirâtre, le dos brun-noirâtre, le dessous du corps plus intensément barré et foncé ; chez le juvénile les parties inférieures sont plus foncées et plus rousses. Cependant plusieurs éléments amènent à s’interroger sur la validité de cette forme : 1) la petite taille des individus s’inscrit dans le cadre d’un cline, les mensurations moyennes décroissant du nord vers le sud, 2) une analyse génétique sur le cytochrome b ne laisse pas apparaître de différence entre les populations de Corse, des Alpes, d’Allemagne et de Suède (E. Pasquet, non publié), enfin 3) il n’apparaît pas de différence significative dans les vocalisations d’oiseaux de Corse et de France continentale (LEPORI, 2001) (Tous les oiseaux d’Europe, J-C ROCHE, CD 1/ plage 87)

Longueur : 48-68 cm, poids : 517-1.170 g (♂), 820-1.509 g (♀) (forme nominale, DEL HOYO et al. 1994).

Difficultés d’identification (similitudes)

En vol, des confusions sont possibles avec la buse variable (Buteo buteo) dont la queue est relativement courte et la femelle de l’épervier d’Europe (Accipiter nisus) dont le battement d’ailes est nettement plus rapide. Facilement identifiable grâce aux sous-caudales blanches bien visibles sur les côtés de la base de la queue (CLARK, 1999).

Répartition géographique

En Corse, il est connu dans la plupart des vallées situées de part et d’autre de la chaîne centrale, ainsi qu’en Castagniccia, dans le Tenda, et à Cagna. Paraît absent du Cap Corse et de l’embouchure des vallées près du littoral. Sa reproduction n’a pas été confirmée dans les plaines de la Marana et d’Aleria (littoral oriental) depuis les années 1960 (THIOLLAY, 1968). La plupart des territoires connus sont en Haute-Corse, ce qui peut s’expliquer en partie par une prospection moins active dans le sud. Cependant, les mosaïques d’habitats qu’affectionnent les autours sont plus fréquentes dans le nord de l’île. 

En prenant en compte des critères morphologiques, la répartition de cette forme a été étendue également à la Péninsule ibérique et au nord du Maroc (DICKINSON, 2003).

Ecologie

L’Autour des palombes niche aux étages de végétation méso et supraméditerranéen (essentiellement entre 250 et 1 350 m d’altitude), plus rarement à l’étage montagnard qu’il fréquente davantage pour chasser.

L’autour occupe des mosaïques d’habitats dans lesquelles les forêts peuvent représenter à peine 15% de la superficie de l’ensemble (DEL HOYO et al. 1994). En Corse, davantage que la superficie du massif forestier, c’est la qualité du boisement (structure, âge…) et la diversité des habitats qui présentent de l’importance. Les territoires comprennent une futaie d’une superficie de quelques hectares à quelques dizaines d’hectares, dominée ou entourée par une crête ou un plateau recouvert de maquis bas ou de rochers. Habite essentiellement les catégories forestières suivantes : chênaies (verts et pubescents), pinèdes de maritime et de laricio, et hêtraies. Les profils des chênaies habitées correspondent aux “ futaies denses moyennement âgées ” et “ futaies denses vieillies ” (PANAÏOTIS, 1994). Les rares sites connus dans les pineraies correspondent à des futaies et des vieilles futaies pleines. Cependant la présence de quelques nids dans un type “ pré-forestier ” évoluant vers la constitution d’une chênaie verte montre sa capacité à occuper des phases non matures (BRUDO, 2001).

L’Autour en Europe du Sud (Apennins : PENTERIANI & FAIVRE, 1997 ; Catalogne : MANOSA, 1993 ; Corse : THIBAULT et al., 2001) paraît moins exigeant qu’en Amérique du Nord sur la superficie des futaies, et se contente davantage de paysages en mosaïques. Tous les auteurs s’accordent pour évoquer la hiérarchie des domaines utilisés (REYNOLDS et al., 1992). On distingue :

1) un ou plusieurs nids construits dans des arbres aux proportions imposantes et dont la végétation de la cime est bien fournie, avec un accès souvent facilité par une trouée,

2) le site de nidification (6-15 ha) situé dans un ravin, exposé N, N/E, N/W, souvent proche d’un torrent ; centre des mouvements et comportements associés à la reproduction, il comprend une ou plusieurs futaies de grands et vieux arbres avec un taux élevé de recouvrement,

3) la zone familiale (50-240 ha) correspond à l’espace défendu par le couple et occupé par la famille jusqu'à l’émancipation des jeunes ; elle est caractérisée par la diversité des habitats,

4) le domaine vital (2 000-2 400 ha) est utilisé de façon opportuniste.

Comportement

Sédentaires, les adultes occupent leur domaine vital toute l’année. Faute de marquage, les mouvements de dispersion des jeunes sont inconnus. Des individus sont parfois notés en migration aux extrémités de l’île (THIBAULT & BONACCORSI, 1999).

Le système social est constitué par un couple monogame qui défend un territoire toute l’année.

Reproduction et dynamique de population

Les parades nuptiales de l’Autour des palombes ont lieu à partir de mi janvier (hiver doux) jusqu’au mois de mars et dès février, les deux membres du couple commencent à transporter des matériaux. Le nid est construit généralement dans un gros chêne vert ou pubescent, plus rarement dans un pin, à une hauteur allant de 7 à 16 m. Il est volumineux et est installé dans les branches maîtresses et plutôt contre le tronc, noyé dans le feuillage. Des branches retombantes et une coupe de rameaux verts lui donnent un aspect caractéristique. Une seule nichée, de 1 à 3 œufs, y est déposée entre avril et début mai. L’incubation dure de 35 à 38 jours et l’élevage des jeunes de 34 à 41 jours selon le sexe. Les liens familiaux sont dissous quand les jeunes atteignent l’âge de 70-90 jours. L’âge d’accession à la reproduction est d’environ deux à trois ans.

La longévité maximale observée grâce aux données de baguage est d’environ 19 ans (STAAV, 1998).

La reproduction des autours cyrno-sardes est caractérisée par une date de ponte tardive (22 avril-10 mai), une faible grandeur de ponte (2,91, n=11) et une productivité moyenne inférieure à deux jeunes (MURGIA et al., 1988 ; THIBAULT et al., 2001). Avec 2,86 couples/100 km² en moyenne, la densité en Corse est l’une des plus faibles d’Europe (THIBAULT et al., 2002).

Régime alimentaire

Prédateur d’oiseaux, la sous-espèces arrigonii se nourrit essentiellement de geai des chênes (Garrulus gandarius), de Columbidés (Streptopelia turtur, Columba livia, C. palumbus), de Turdidés (Turdus merula, T. viscivorus) et de perdrix rouge (Alectoris rufa) (BAYLE, non publié). Comparé au nord de l’Europe où les autours consomment des proies de masse corporelle importante (e.g. grand tétras Tetrao urogallus), les autours de Corse, comme leurs congénères d’Espagne et d’Italie, chassent des petites proies.

Habitats de l’Annexe I de la Directive Habitats susceptibles d’être concernés

9260 - Forêts de Castanea sativa (Cor. 41.9)

9340 - Forêts à Quercus ilex et Quercus rotundifolia (Cor. 45.3)

9530*- Pinèdes (sub-)méditerranéennes de pins noirs endémiques (Cor.42.63)

9540 - Pinèdes méditerranéennes de pins mésogéens endémiques (Cor.42.8)

Statut juridique de l’espèce

Espèce protégée (arrêté modifié du 17/04/81). Cependant, l’arrêté du 3 avril 1984 indique « qu’afin de permettre l’exercice de la chasse au vol, le ministre de l’environnement peut autoriser le désairage de spécimens d’Epervier d’Europe ou d’Autour des palombes ».

Espèce inscrite aux annexes II de la Convention de Berne, de la Convention de Bonn et de la Convention de Washington et à l’Annexe I du règlement CEE/CITES.

La sous-espèce arrigonii est inscrite à l’annexe I de la Directive Oiseaux.

Présence de l’espèce dans les espaces protégés

Les principales ZPS à accueillir l’Autour des palombes de Corse sont les Chênaies et pinèdes de Corse et les Forêts Territoriales de Corse.

Etat des populations et tendances d’évolution des effectifs

L’Autour cyrno-sarde est classé dans la catégorie “ Non Évalué ” au niveau national (ROCAMORA & YEATMAN-BERTHELOT, 1999).

L’effectif de l’autour en Corse est estimé à 37-80 couples (THIBAULT et al., 2001) et en Sardaigne à 50-70 couples (SCHENK, 1995). Il semble que l’effectif de Corse ait été relativement stable au cours des deux dernières décennies.

Menaces potentielles

Les incendies dont la fréquence et les superficies parcourues annuellement sont élevées, constituent la principale menace. Des futaies de chênes sont régulièrement brûlées et on assiste à une érosion des vieux peuplements que ne compense pas le développement de taillis engendré par la désertification rurale. Les pineraies ne sont pas épargnées par les incendies.

Le dérangement des sites de nidification à la suite d’aménagements forestiers, comme l’ouverture de pistes et l’exploitation de massifs boisés constitue également une menace importante pour le maintien de l’espèce dans certains secteurs (ROCAMORA & YEATMAN-BERTHELOT, 1999). Le problème se pose davantage dans les petits massifs appartenant à des propriétaires privés que dans ceux bénéficiant du régime forestier. Pour les propriétés d’une superficie d’au moins 25 ha, le code forestier prévoit une autorisation administrative de coupe pour les forêts non dotées de Plan simple de gestion, mais aucune autorisation n’était nécessaire pour les autres jusqu’à la publication récente des deux arrêtés départementaux qui limitent à 4 ha la surface maximale de coupe annuelle sans autorisation administrative.

En cas de coupe, les oiseaux éprouveront davantage de difficultés à trouver un site de substitution dans un bosquet que dans les grands massifs où ils peuvent éventuellement changer de vallon.

Propositions de gestion

Un plan de restauration fixe les objectifs de conservation pour cinq ans (THIBAULT et al., 2001) :

Le maintien des habitats et des ressources passe par une amélioration des connaissances sur la répartition des couples reproducteurs qui permettra de cibler les mesures de protection sur le site de nidification. Des mesures concrètes de gestion devront être mises en place, par le biais de la contractualisation avec les propriétaires forestiers privés : maintien d’arbres âgés et d’un périmètre boisé autour du site de nidification, adaptation de la période des travaux dans les zones familiales...

La prise en compte dans les forêts bénéficiant du régime forestier, au fur et à mesure de l’actualisation des aménagements, des mêmes mesures concrètes de gestion.

démarches de sensibilisation auprès des propriétaires de forêts sur lesquels nichent des autours en collaboration avec le Centre régional de la propriété forestière qu’il faut informer de la localisation des autours dans le cadre du porté à connaissance prévu par la dernière loi d’orientation forestière. Dans ce domaine, l’adoption par le Préfet de Région des Codes de bonnes pratiques sylvicoles qui prévoient une exploitation respectueuse de l’environnement constituera un outil supplémentaire de sensibilisation des propriétaires forestiers.

L’Autour des palombes de Corse fait également l’objet d’un plan de gestion rédigé par BirdLife International (PALUMBO & GALLO-ORSI, 1999).

L’espèce est prioritaire au financement LIFE-nature (comité Ornis). Ainsi, dans le cadre d’un programme Life-nature (2001-2004) sur la gestion conservatoire des habitats à pin laricio, deux actions concernent l’espèce : le suivi des populations dans les ZPS et la conception d’un manuel pour assurer une prise en compte par les propriétaires et les gestionnaires.

La création de réserves biologiques doit aussi être envisagée (ROCAMORA & YEATMAN-BERTHELOT, 1999).

Etudes et recherches à développer

Plusieurs travaux pourraient être menés : 1) mieux connaître le statut taxonomique (étude sur les microsatellites) pour apprécier les différences avec les populations continentales à une échelle de temps plus récente, 2) améliorer les connaissances sur la répartition, et 3) étudier la biologie (utilisation du domaine vital et dispersion grâce à la télémétrie).

Bibliographie

BRUDO, V. (2001).- Contribution à la connaissance de l’Autour des palombes en corse. Influence de l’anthropisation sur la nidification de l’Autour. Mémoire de DESS. Université de Bordeaux IV.

Clark, W.S. (1999).- A Field Guide to the Raptors of Europe, the Middle East, and North Africa. Oxford University Press, Oxford.

Del Hoyo, J., Elliott, A. & Sargatal, J. (1994).- Handbook of the Birds of the World. Vol. 2. Lynx Edicions, Barcelone.

DICKINSON, E.C., Ed. (2003).- The Howard & Moore Complete Checklist of the Birds of the World, 3ème éd.. Christopher Helm, Londres.

LEPORI, L. (2001).- Les vocalisations de l’Autour de palombes corse, analyse et comparaison avec la forme nominale.  DEA, sciences pour l’environnement, option : biodiversité. Université de Corte, Corte.

Mañosa, S. (1993).- Seleccción de hábitat de nidificatión en el Azor (Accipiter gentilis). Recomendaciones para su gestión. Alytes, 6 : 125-136.

Murgia, C., Monni, A. & Marras, G. (1988).- Primi dai sulla riproduzione dell’Astore (Accipiter gentilis arrigonii) in Sardegna, con note sulla sua distribuzione e consistenza nella provincia di Cagliari. Riv. It. Orn., 58 : 1-7.

Palumbo, G. & Gallo-Orsi, U. (1999).- Management Statement for Corso-sardinian Goshawk Accipiter gentilis arrigonii. BirdLife International.

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THIBAULT, J.C., SEGUIN, J.F. & TORRE, J. (2001).- Plan de restauration de l’Autour des palombes en Corse. Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable/ Parc Naturel Régional de Corse.

Thiollay, J.-M. (1968).- Notes sur les rapaces diurnes de Corse. Oiseau & Rev. fr. Orn., 38 : 187-208.

Vaurie, C. (1965).- The Birds of the Palearctic Fauna. Non Passeriformes. H.F. & G. Witherby Ltd., Londres.

Source: Cahiers d'habitat Oiseaux

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