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Barge rousse (Limosa lapponica)
Fig. 1 - Piet Munsterman (Saxifraga)
Fig. 1
Fig. 2 - F. Croset
Fig. 2

Aire de reproduction

*Mondiale
La Barge rousse niche dans les zones arctiques et subarctiques de l’Eurasie et de l’Alaska. Elle atteint la limite du 67ème parallèle dans la péninsule de Yamal et celle du 76ème parallèle dans la péninsule de Taïmyr.
La sous-espèce nominale Limosa l. lapponica niche du nord de la Scandinavie jusqu’à la péninsule de Taïmyr, remplacée plus à l’est par la sous-espèce L. l. baueri, jusqu’en Alaska.

*En France
Ne se reproduit pas en France.

Tendances
Semble globalement stable, bien que les populations hivernant en Europe de l’Ouest soient en léger déclin (BirdLife International 2004).

Aire d’hivernage et populations

*Mondiale
-La population européenne de Limosa l. lapponica (de la Fennoscandie à la péninsule de de Kanin) hiverne en Europe de l’Ouest, dans les estuaires de Grande-Bretagne et d’Irlande, sur les côtes de la Mer du Nord et de la Mer des Wadden (Prokosch 1988 ; Meltofte et al. 1994), et en moindre nombre plus au sud au Portugal, en Espagne et en Afrique de l’Ouest. Cette population est estimée à 120 000 individus d’après les recensements hivernaux (Wetlands International 2006), dont 90% sont concentrés sur une dizaine de sites en Angleterre, Irlande et Pays-Bas. Les oiseaux sont pour la plupart très fidèles à leurs sites d’hivernage (Atkinson 1996).
-La population sibérienne de L. l. lapponica nichant dans les péninsules du Taymyr et de Yamal jusqu’au delta de l’Anabar (nommée taymyrensis par certains auteurs) hiverne en Afrique de l’Ouest, surtout au Banc d’Arguin et en Guinée Bissau, après avoir migré à travers l’Europe de l’Ouest (Drent & Piersma 1990). La population de Barges rousses hivernant en Afrique de l’Ouest est estimée à 600 000 oiseaux (Stroud et al. 2004).
-Limosa l. baueri hiverne le long des côtes ouest-indiennes, et de la Chine du Sud et de Sumatra à la Polynésie, l’Australie, et la Nouvelle-Zélande .

*En France
Hiverne sur le littoral Manche/Atlantique, principalement entre le sud de la Vendée et l’île d’Oléron, en baie de Bourgneuf, en baie de Saint-Brieuc et en baie de Goulven. Les effectifs hivernants moyens sont de l’ordre de 8000 oiseaux (Wetlands International, non publié).

MIGRATION

Type de vol
Vol battu.

Météorologie
Les oiseaux choisissent leur date précise de départ en fonction de la présence de vents arrières favorables, mais cela ne signifie pas que les conditions météorologiques resteront bonnes durant tout leur vol migratoire (Green 2004).

Altitude de vol
Migre très haut : les oiseaux détectés au radar volent en moyenne à 2281 m, et jusqu’à 2806 m (Green 2004).

Groupes
Les groupes d’oiseaux détectés au radar dans le sud de la Suède étaient composés de 110 à 700 individus, pour une médiane de 490 (Green 2004).

Vitesse de vol
Mesurée à en moyenne 73 km/h (vitesse aérienne ; la vitesse au sol dépasse les 100 km/h en fonction du vent) en Suède (Green 2004).

Âge-ratio et sexe-ratio
Les juvéniles arrivent plus tard (septembre) que les adultes (août) sur les sites d’hivernage britanniques (Wernham et al. 2002). Il semblerait que les femelles hivernent plus au sud que les mâles, au moins en Afrique de l’Ouest (52% de mâles en Guinée Bissau contre 69% en Mauritanie, Piersma et al. 1990). En Europe, on trouve plus de femelles sur les sites d’hivernage de la mer des Wadden, et plus de mâles sur les sites d’hivernages britanniques tels que le Wash (Scheiffarth 2003).

Sites de mue
La plupart des oiseaux muent sur leur site d’hivernage, durant le mois d’août (adultes). Ainsi, sur les sites ouest-européens, on peut avec une certaine assurance savoir, à cette époque de l’année, si un oiseau appartient aux populations hivernant en Europe (ils seront alors en mue) ou en Afrique (qui ne mueront qu’arrivés sur leurs sites d’hivernage). Ces dernières, provenant généralement de la région du Taymyr, ont en outre le bec et les ailes plus petits (Wernham et al. 2002, Scheiffarth 2003).
Les 1ers été (non reproducteurs) qui demeurent sur leur site d’hivernage durant l’été muent durant le mois de juin (Wernham et al. 2002).
La mue du plumage d’hiver vers le plumage d’été dure en moyenne 43 jours, et la mue du ¾ du plumage d’été (1/4 a déjà été mué sur les sites de reproduction) vers le plumage d’hiver dure 28 jours (Scheiffarth 2003).

Halte migratoire
La Barge rousse est désormais célèbre pour détenir le record du monde du plus long vol direct sans aucune halte : un oiseau muni d’émetteur satellite à partir du printemps 2007 a effectué un vol ininterrompu entre la Nouvelle-Zélande et l’Alaska, de 10 200 km (en 9 jours) lors de la migration prénuptiale, et de 11 500 km (en 8 jours) lors de la migration postnuptiale suivante. Durant de tels déplacements, l’individu concerné a perdu la moitié de son poids initial !
Le principal site de halte des populations européennes et sibérienne est la mer des Wadden, aux Pays-Bas : les oiseaux sibériens en route pour l’Afrique y séjournent en moyenne 1 mois au printemps comme à l’automne, mais il semble qu’à l’automne les haltes soient souvent plus courtes (Scheiffarth 2003).

Durée et distance
Les individus de la population européenne de L. l. lapponica effectuent une migration de 1500 km, alors que ceux de la population sibérienne parcourent entre 8000 et 10000 km (Scheiffarth 2003) ; de l’autre côté du paléarctique, la sous-espèce baueri effectue également une très longue migration, jusqu’à 11000 km pour les oiseaux d’Alaska hivernant en Nouvelle-Zélande (Gill et al. 2005). Dans les deux cas, les oiseaux ne font que très peu (ou pas) de haltes, et parcourent des milliers de kilomètres en quelques jours.

Trajet migratoire
Effectue typiquement une migration à saute-mouton : les oiseaux les plus orientaux/nordiques (Taymyr et Yamal) migrent les plus loin (Afrique de l’Ouest), alors que les oiseaux scandinaves hivernent en majorité en Europe de l’Ouest (Drent & Piersma 1990). Si les oiseaux sont très fidèles à leurs sites d’hivernage, les lectures de bague indiquent qu’ils le sont également pour les sites de haltes migratoires (Del Hoyo et al. 1996).
En France, l’espèce transite principalement par le littoral Manche-Atlantique : on ne l’observe qu’en faible nombre le long des côtes Méditerranéennes et à l’intérieur des terres.
Le trajet des oiseaux européens et sibériens est détaillé plus longuement dans les deux paragraphes suivant. Le trajet migratoire des oiseaux d’Alaska hivernant en Nouvelle-Zélande (L. l. baueri) est illustré ci-dessous d’après les travaux ayant cours actuellement (pas encore publiés).

Passage postnuptial
Les premiers migrateurs, les adultes, arrivent à la fin du mois de juillet. A cette époque, de grands groupes sont signalés en migration à Ottenby, Suède, et font halte dans les estuaires britanniques et néerlandais pour muer. Après la mue, une partie des oiseaux descend un plus au sud, en France par exemple, ou en Afrique. Sur l’estuaire du Wash, en Grande-Bretagne, les adultes arrivent en août pour muer et la grande majorité reste hiverner sur le site ; ils sont rejoints en septembre par le gros des juvéniles (Atkinson 1996). En France, le pic du passage a lieu en août le long des côtes de la mer du Nord (Asso le Clipon), et de la mi-septembre à la mi-octobre le long des côtes Atlantiques ; il s’achève à la mi-novembre, certains individus passant encore en décembre au Clipon (Dubois et al. 2001). Ce dernier site voit passer environ 2000 individus par automne, avec un record de 11670 en 2004.

Passage prénuptial
L’essentiel des départs des sites d’hivernage ouest-européens s’effectue en février et mars. Ces oiseaux vont se rassembler dans la mer des Wadden afin d’y constituer des réserves de graisse suffisantes pour rejoindre la Scandinavie et l’Europe du Nord ; à la fin avril, tous les oiseaux de cette population sont rassemblés dans la partie Nord de la mer des Wadden, côté Allemagne et Danemark ; durant la première moitié de mai, elles regagnent leurs sites de nidification Fennoscandiens (Prokosch 1988, Atkinson 1996, Scheiffarth 2003).
Pendant ce temps, les Barges rousses hivernant en Afrique de l’Ouest songent à regagner leurs sites de nidification sibériens, via l’Europe ; leur départ des sites d’hivernage est beaucoup plus tardif : le 25 avril en moyenne au Banc d’Arguin, Mauritanie (Piersma et al. 1990). Ces oiseaux volent ensuite en faisant peu ou pas de halte jusqu’en mer des Wadden, ou ils arrivent quelques jours plus tard, alors que les contingents européens ont pour la plupart déjà regagné l’Europe du Nord. On peut alors observer à cette époque le passage en mer de milliers d’oiseaux (plus de 5000 en avril-mai 2007 au Cap Gris Nez) et de nombreux autres en halte (2000 oiseaux fréquentent la Baie de Somme et 1400 la Baie de Seine durant cette période, Dubois et al. 2001). Dans le Norfolk, le 12 mai a d’ailleurs été rebaptisé « Godwit Day » (Taylor et al. 1999) ! Par contre, la migration n’est pas du tout décelée depuis la Pointe de Grave à cette époque : les oiseaux migrent probablement très en altitude, et peut-être plus au large.
Ces oiseaux, après avoir fait halte en mer des Wadden, survolent la mer Baltique et font halte le long des côtes de la péninsule de Kola et de la mer Blanche.

Records journaliers
Dungeness (Kent) : 4188 en migration le 26 avril 1973
Clipon : 3940 le 14 août 2004
Cap Gris Nez : 2189 le 1er mai 2007
Pointe du Hourdel : 2159 le 3 mai 2007

Statut juridique
Espèce chassable, inscrite sur l’annexe 1 et sur l’annexe 2.2 de la directive Oiseaux (chassable uniquement en France, Danemark et Grande-Bretagne).
UICN : Préoccupation mineure (LC) (mais la sous-espèce orientale baueri est classée « à surveiller »).

Menaces liées à l’homme
-Chasse (plusieurs milliers sont tirées chaque année en France)
-Diminution des surfaces intertidales en Europe de l’Ouest
-Intensification des pratiques d’exploitation ostréicoles et conchylicoles 


Bibliographie

Atkinson, P.W. 1996. The origins, moult, movements and changes in numbers of Bar-tailed Godwits Limosa lapponica on the Wash, England. Bird Study 43: 60-72.
Batley, P. & Piersma, T. 2005. Body composition and flight ranges of Bar-tailed Godwits (Limosa lapponica baueri) from New Zealand. Auk 122: 922-937
BirdLife International. 2004. Birds in Europe : population estimates, trends and conservation status. Cambridge, UK : BirdLife International.
Del Hoyo, J., A. Elliott, J. Sargatal, eds. 1996. Handbook of the Birds of the World. Vol. 3. Hoatzin to Auks. Barcelona: Lynx Edicions.
Drent, P.J. & Piersma, T. 1990. An exploration of the energetics of leap-frog migration in arctic breeding waders. In Bird Migration: the physiology and ecophysiology (ed E. Gwinner), pp 399-412. Springer Verlag, Berlin.
Dubois, P.-J., Le Maréchal, P., Olioso, G. & Yésou, P. 2001. Inventaire des Oiseaux de France. Nathan, Paris.
Gill, R. E., Piersma, Jr., T., Hufford, G., Servranckx, R. & Riegen, A. 2005. Crossing the ultimate ecological barrier: Evidence for an 11,000-km-long nonstop flight from Alaska to New Zealand and Eastern Australia by Bar-tailed Godwits. Condor 107:1-20.
Green M. 2004. Flying with the wind – spring migration of Arctic-breeding waders and geese over South Sweden. Ardea 92(2): 145-160.
Meltofte, H. Blew, J., Frikke, J., Rosner, H.U., Smit, C.J. 1994. Numbers and distribution of waterbirds in the Wadden Sea. Results and evaluation of 36 simultaneous counts in the Dutch-German-Danish Wadden Sea 1980-1991. Wader Study Group Bulletin 74 (Special Issue) 1-192.
Piersma T., Klaassen M., Bruggemann, J.H. Blomert A.M., Gueye A., Ntiamoa B.Y. & Van Brederode N.E. 1990. Seasonal timing of the spring departure of waders from the Banc d'Arguin Mauritania. Ardea 78 (12) : 123 - 134.
Prokosch, P. 1988. Das Schleswig-Holsteinische Wattenmeer als Fruhjahrs-Aufenthaltsgebiet arktischer Watvogelpopulationen am Beispiel von Kiebitzregenpfeifer (Pluvialis squatarola L. 1758), Knutt (Calidris canutus L. 1758) und Pfuhlschnepfe (Limosa lapponica L. 1758). Corax 12(4) : 273-442.
Scheiffarth, G. 2003. Born to fly: Migratory strategies and stopover ecology in the European Wadden Sea of a long-distance migrant, the Bar-tailed Godwit (Limosa lapponica). Thèse de doctorat. Institut für Vogelforschung. Wilhelmshaven, Germany. 94 pp.
Stroud, D.A., Davidson, N.C., West, R., Scott, D.A., Haanstra, L., Thorup, O., Ganter, B. & Delany, S. (compilers). 2004. Status of migratory wader populations in Africa and Western Eurasia in the 1990s. International Wader Studies 15 : 1-259.
Taylor, M., Seago, M., Allard, P. & Dorling, D. 1999. The Birds of Norfolk. Pica Press, Robertsbridge, East Sussex.
Wetlands International. 2006. Waterbird Population estimates-Fourth Edition. Wetlands International. Wageningen, NL. 239 p.

Barge rousse, Limosa lapponica (Linné, 1758)

Classification (Ordre, Famille) : Charadriiformes, Scolopacidés

Description de l’espèce

La Barge rousse est un limicole trapu de taille moyenne, équivalente à celle de la Tourterelle turque, caractérisé par la coloration de son plumage et par son long bec légèrement retroussé. En plumage nuptial, le mâle arbore une coloration roux vif au niveau de la tête, du cou et de la poitrine et un bec sombre. La femelle apparaît plus terne. Les pattes sont noirâtres. En vol, les pattes dépassent à peine de la queue qui est rayée, le blanc du croupion remonte assez haut dans le dos. Le plumage hivernal présente des teintes tendant vers le gris et le marron, avec le dessus du corps tacheté. Le juvénile ressemble un peu à l’adulte non reproducteur mais s’en distingue par une coloration plus foncée tirant vers le chamois et d’un aspect fortement strié sur le dessus de l’oiseau. Les rémiges tertiaires présentent un bord pâle dentelé. La mue post nuptiale des adultes est complète et se déroule généralement entre juillet et octobre. Une mue prénuptiale partielle a lieu entre février et mai tandis que la mue post juvénile, elle aussi partielle, se déroule de septembre à février.

La Barge rousse a une envergure de 70 à 80 cm et un bec de 73 mm à 107 mm selon le sexe, les femelles présentant un plus long bec.

Vocalisations : Tous les oiseaux d’Europe, J-C ROCHE, CD 2 / plage 52

Longueur totale du corps : 37 à 41 cm. Poids : 190 à 400 g chez le mâle, 262 à 630 g chez la femelle.

Difficultés d’identification (similitudes)

La Barge rousse ressemble à la Barge à queue noire (Limosa limosa), notamment en plumage hivernal, mais elle est de taille inférieure. Elle s'en distingue par son bec retroussé et l'absence de barre alaire blanche. La queue qui présente de fines raies grises et non une large bande noire terminale, prolonge un croupion blanc de forme triangulaire et non carrée comme celui de la barge à queue noire. Les pattes plus courtes dépassent à peine la queue au vol.

Répartition géographique

La Barge rousse L. l. lapponica niche dans les zones arctiques et subarctiques de l’Eurasie et de l’Alaska. Elle atteint la limite du 67ème parallèle dans la péninsule de Yamal et celle du 76ème parallèle dans la péninsule de Taïmyr. La forme nominale se rencontre dans le nord de la Scandinavie à l’ouest de la Sibérie et hiverne principalement en Europe de l’Ouest, dans les estuaires de Grande-Bretagne et d’Irlande, sur les côtes de la Mer du Nord et dans la Mer des Wadden (Prokosch, 1988 ; Meltofte et al., 1994). Peu d’oiseaux de cette forme hivernent plus au sud de cette région.

La sous-espèce L.l. taymyrensis présente une distribution plus orientale en période de nidification et traverse l’Europe de l’Ouest pour aller hiverner en Afrique de l’Ouest (banc d’Arguin en Mauritanie jusqu’au golfe de Guinée). Quelques oiseaux se rendent jusqu'en Afrique australe (Snow & Perrins, 1998 ; Scott, 2002). Trois autres sous espèces sont également décrites.

En France, la Barge rousse se rencontre en migration et en hivernage sur la majorité des départements de la côte Atlantique.

Ecologie

En migration tout comme en hivernage, la barge rousse est essentiellement une espèce côtière. Elle fréquente les vasières intertidales et les zones sablo-vaseuses. On la trouve peu ou pas sur les sables très compactés ou à proximité des côtes rocheuses. A marée haute, les oiseaux regagnent un reposoir qui peut se situer à plusieurs kilomètres de leur zone d'alimentation.

Comportement

L’espèce est capable de rallier en trois jours la mer des Wadden (Pays-Bas), d’un vol direct de 4 300 km à partir de leur zone d’hivernage du banc d’Arguin (Mauritanie), en volant à 3 000 m d’altitude (Landys et al., 2000). Cependant, une partie de la population effectue aussi des haltes migratoires, situées principalement sur les sites côtiers d’Europe occidentales. Une prouesse équivalente leur permet ensuite de gagner leurs zones de reproduction en Sibérie.

Le départ printanier des oiseaux de la sous-espèce nominale s’effectue de début mars à mi mai (ORNIS, 2001), voire à partir de février, tandis que le passage des hivernants en Afrique se déroule à la fin du mois d’avril et au début du mois de mai (Le Dréan Quénec’hdu, 1994). Les premières arrivées sur les sites potentiels d’hivernage sont notées au début du mois d’août.Le passage estival en France a lieu de fin juillet à octobre novembre, avec un pic de mi septembre à mi octobre (DUBOIS et al, 2000).

Reproduction et dynamique de population

Les zones de reproduction se situent dans la toundra dépourvue d’arbres. Dans la presqu’île de Taïmyr, Yésou et al. (1992) ont observé la nidification de l’espèce sur des collines couvertes d'une végétation herbacée (carex, éricacées) et de mousses. La neige garnissait encore les dépressions du terrain au moment de la ponte. Les densités de couples nicheurs sont faibles, de 0,1 à 2,6 couples par km² (Smit & Saari, 1997).

Les deux sexes participent à l’incubation des quatre œufs (extrêmes 2 à 5) pendant 20 à 21 jours. Le conjoint reste à proximité sur un point surélevé afin de surveiller les alentours. Les mâles semblent jouer un grand rôle dans l’incubation pendant la première semaine après la ponte. Ensuite, ils passent trois fois plus de temps que les femelles à la surveillance.

En Finlande, les Barges rousses nicheuses s’installent souvent à proximité des Courlis corlieux Numenius phaeopus qui défendent leurs nids contre les prédateurs, ce que ces premières ne font pas. Elles bénéficient ainsi de leur protection en cas de présence de prédateurs (Larsen & Moldsvor, 1992).

Les oiseaux ne se reproduisent qu’à l’âge de deux ans et restent apparemment lors de leur première année sur les zones d’hivernage. Le taux de mortalité annuel (toutes classes d'âge confondues) serait de l’ordre de 17,4 à 26 % (Scheiffarth, 2001). La longévité maximale observée grâce aux données de baguage est d’environ 31 ans (Staav, 2001).

Comme toutes les espèces nichant dans les contrées arctiques, la Barge rousse est naturellement protégée des dérangements liés à la présence humaine en période de nidification. Par contre elle semble très sensible aux conditions météorologiques et à la pression de prédation.

Régime alimentaire

Sur les sites de nidification, les barges rousses se nourrissent surtout d’insectes, annélides, mollusques et occasionnellement des graines et baies (Cramp & Simmons,1982).

En mer des Wadden, le grand annélide Arenicola marina compose 90 % du régime alimentaire en août et seulement 20 % en novembre, tandis que le petit annélide Scoloplos armiger passe de 10 à 67 % (Nehlset al., 1993). Les Nereis diversicolor constituent également une part importante de l’alimentation sur divers sites (Wash, Exe, Teesmouth) en Grande-Bretagne, (Goss-Custard et al., 1977 et1991 ; Evanset al., 1979), ou en France, en baie de Saint-Brieuc (Annezo & Hammon,1989). Elle consomme également de petits annélides Bathyporea ou des crustacés du genre Corophium, voire des coquillagesMacoma balthica en baie de Somme (Sueur & Triplet, 1999).

En mer des Wadden, les Barges rousses hivernant en Europe et se reproduisant en Fennoscandie stationnent de fin mars à début mai et augmentent leur masse de 1,9 g/jour pour effectuer leur vol de 1 500 à 2 000 km vers leurs zones de reproduction. Les oiseaux hivernant en Afrique et se reproduisant en Sibérie n'y stationnent qu’en mai et augmentent leur masse de 9,4 g/jour pour effectuer leur trajet de 4 000 km.

Habitats de l’Annexe I de la Directive Habitats susceptibles d’être concernés

1110 - Bancs de sable à faible couverture permanente d'eau marine (Cor. 11.125, 11.22 et 11.31)

1130 - Estuaires (Cor. 11.2 et 13.2)

1140 - Replats boueux ou sableux exondés à marée basse (Cor. 14)

1150* - Lagunes côtières (Cor. 21)

1160 - Grandes criques et baies peu profondes (Cor. 12)

Statut juridique de l’espèce

La Barge rousse figure à l’annexe I de la Directive Oiseaux en raison du faible effectif nicheur de l’Union Européenne, mais également à l’annexe II-2, ce qui explique que sa chasse soit autorisée au Danemark, en France et au Royaume-Uni. Elle figure également à l’annexe III de la Convention de Bern et à l’annexe II de la Convention de Bonn.

Espèce listée en catégorie B2a (populations du nord de l’Europe/ ouest de l’Europe) dans l’Accord sur les Oiseaux migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA) : populations comptant plus de 100 000 individus, et considérées comme nécessitant une attention spéciale en raison d’une concentration sur un petit nombre de sites à un stade quelconque de leur cycle annuel.

Présence de l’espèce dans les espaces protégés

Deux sites revêtent une importance internationale pour l'espèce en accueillant plus de 1 200 individus : la baie de Bourgneuf (réserve de chasse maritime-RCM) et la réserve naturelle nationale (RNN) de Moèze-Oléron. Les sites d’importance nationale (accueillant plus de 50 oiseaux) sont la baie des Veys (RNN), la baie du Mont Saint-Michel (RCM), la baie de Saint-Brieuc (RNN), la baie de Morlay - estuaire de la Penzé (RCM), la rivière de Pont-l’Abbé (RCM), la baie de Goulven (RCM), la baie de Quiberon, les traicts du Croisic (RCM), la baie de l’Aiguillon (RNN), l’île de Ré (RNN partiel), l’anse d’Yves (RNN), Bonne Anse (RCM), le bassin d’Arcachon (RCM et RNN, partiel). Excepté le bassin d’Arcachon, l’ensemble de ces sites est majoritairement désigné en ZPS.

Etat des populations et tendances d’évolution des effectifs

Le statut de conservation de la Barge rousse est jugé favorable en Europe, bien que les populations hivernantes présentent un léger déclin (BIRDLIFE INTERNATIONAL, 2004).

L. l. taymyrensis qui compterait 600 000 représentants est considérée comme étant en diminution (Stroud et al., 2004 ; Wetlands International, 2006). Elle traverse la France où elle stationne lors des migrations.

La sous-espèce nominale qui hiverne en France est représentée par une population totale estimée à 120 000 individus en Europe. Elle est considérée comme stable (Stroudet al., 2004 ;Wetlands International, 2006). En hiver, elle est localisée en Europe (90% de ses effectifs sont présents sur une dizaine de sites en Grande-Bretagne, en Irlande et aux Pays-Bas). Elle intègre une population nicheuse en Scandinavie (Norvège, Suède et Finlande) qui compterait entre 1 325 et 3 400 couples nicheurs. On se demande si des oiseaux de la sous-espèce L.l. taymyrensis ne viendraient pas grossir les rangs des contingents hivernant en Europe de l'Ouest.

Les effectifs hivernants en France, de l’ordre de 8 100 oiseaux (moyenne calculée sur la période 2001-2005 ; données Wetlands International France, synthèse Roger MAHEO, non publié) se distribuent essentiellement sur le littoral : les observations continentales sont rares et souvent liées au démarrage de la migration prénuptiale, à la fin de l'hiver (Mahéo, 1991).

Les effectifs nationaux observés depuis 1977 sont très fluctuants (Deceuninck & Mahéo, 2000), pouvant varier du simple au double d’une année sur l’autre, sans montrer de tendance nette sur le long terme. Les maxima ont été observés en 1982 et en 2003, lors de vagues de froid. Les minima des 20 dernières années ont eu lieu en 1988, 1998 et 2005 (LPO-Wetlands International, 2006-non publié). Localement, ils ont montré une diminution comme dans la baie de Saint-Brieuc et de l’Anse de l’Aiguillon durant les années 1980-90. Par contre, les effectifs montrent une tendance à l’augmentation dans la baie de Quiberon, les traicts du Croisic, l’île de Ré et la baie d’Yves.

Cependant, l'effectif hivernant en France est considéré vulnérable (Rocamora & Yeatman-Berthelot, 1999).

Menaces potentielles

Les surfaces intertidales ont tendance à diminuer en France, comme en Europe, du fait du développement de l'industrie, du tourisme (avec les structures d'accueil qui y sont liées) et des cultures marines (Le Dréan Quénéc’hdu & Mahéo, 1999) ce qui réduit les habitats de l'espèce.

L’espèce est sensible à la présence humaine, et montre des distances d’envol relativement élevées, de l’ordre de 70 mètres aux Pays-Bas (Smit & Visser, 1993) et de 120 m en baie de Somme (Triplet, inédit). Cette sensibilité aux dérangements serait la raison pour laquelle les oiseaux auraient abandonné leur zone d’alimentation traditionnelle en baie du Mont Saint-Michel (Le Dréan Quénéc’hdu & Mahéo, 1999).

Essentiellement présente sur les estrans, cette espèce, à l’instar de nombreux limicoles, est exposée à l’intensification des pratiques d’exploitation ostréicole et conchylicole, ainsi qu’à la dégradation de la qualité de l’eau.

Le prélèvement cynégétique en France est peu connu et mériterait d’être mieux appréhendé. Toutefois, les principales menaces pesant sur l'espèce restent liées à cette pratique (Le Dréan Quénéc’hdu & Mahéo, 1999).En Vendée, le prélèvement des deux espèces de barges était estimé à 16-25% de l’ensemble des limicoles en 1998-99 (Trolliet, 2000). En France, ce sont plusieurs milliers d’individus qui seraient prélevés.

Propositions de gestion

Le contrôle de la fréquentation humaine sur le domaine public maritime, notamment dans les réserves, est nécessaire pour améliorer la tranquillité de l’espèce qui a besoin de constituer d’importantes réserves adipeuses pour effectuer les très longues étapes de sa migration. Ainsi, l’optimisation de la gestion (prendre en compte les reposoirs et des zones d’alimentation) de réserves constituerait des éléments importants dans ce dispositif où les réserves naturelles jouent déjà un rôle non négligeable, abritant 85 % des effectifs comptés à la mi-janvier (Deceuninck, 2005).

Etudes et recherches à développer

En hiver, ainsi que pendant les périodes migratoires, il convient d’évaluer sur les sites occupés par l’espèce, l’impact des diverses activités auxquelles sont exposées les barges. L’objectif poursuivi est de proposer des mesures de gestion qui visent à améliorer les conditions d’alimentation et de repos. A l’instar des préconisations formulées à l’issue des travaux menés sur l’Huîtrier pie, elles doivent prendre en compte les exigences de tranquillité et de constitution des réserves énergétiques nécessaires à la survie de la barge à cette période cruciale. Des propositions de création de réserves de chasse ou de réserves naturelles pourraient en découler.

Une analyse de l’impact de la chasse (prélèvement, dérangement) et de l’utilisation actuelle des réserves par les oiseaux apparaît nécessaire afin de déterminer quels sont les facteurs éventuellement limitant de l’hivernage.

La distinction entre Barge rousse et Barge à queue noire dans le suivi des prélèvements cynégétiques est nécessaire afin de mieux cerner l’impact de cette activité sur ces espèces.

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Source: Cahiers d'habitat Oiseaux

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