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Épervier d'Europe (Accipiter nisus)
Fig. 1 - Romain Riols
Fig. 1
Fig. 2 - Source : Urcun et al., 2006
Fig. 2
Fig. 3 - Source : CORA Drôme
Fig. 3
Fig. 4
Fig. 4

Populations et aire de reproduction

*Mondiale
Présent dans toute l’Europe, au Maghreb puis à l’Est jusqu’à l’océan Pacifique et le Japon à travers la Sibérie, ainsi que partiellement dans l’Himalaya. La sous-espèce nominale Accipiter n. nisus, migratrice partielle, se reproduit en Europe et en Asie mineure, jusqu’à la Sibérie Occidentale et l’Iran à l’est. Elle est ensuite remplacée par A. n. nisosimilis, migratrice stricte. La population himalayenne se nomme A. n. melaschistos et semble principalement sédentaire. En Corse et en Sardaigne niche la sous-espèce A. n. wolterstorffi, sédentaire. Les oiseaux nichant en Afrique du Nord appartiennent à A. n. punicus et ceux de Madère et des Canaries à A. a. granti ; ces deux sous-espèces sont également sédentaires (Ferguson-Lees & Christie 2001)
La population mondiale avoisine probablement 1 million de couples, dont 340 000-450 000 en Europe ; les principales populations européennes se trouvent en Russie, mais les densités les plus élevées sont probablement obtenues en Grande-Bretagne, puisque 40 100 couples y nichent, ce qui en fait le pays le plus important d’Europe de l’Ouest (BirdLife International 2004).

*En France
Nicheur commun présent sur l’ensemble du territoire : 26 600-42 600 couples, avec des densités légèrement supérieures dans les massifs du Jura, des Alpes du Nord et Massif Central, ainsi qu’en Bretagne (Chartier in Thiollay & Bretagnolle 2004).

Tendances
En augmentation en France, ainsi que dans une moindre mesure en Europe (BirdLife International 2004, Chartier, op. cit.). Même tendance constatée sur les cols du Transpyr (Fig. 2) et au col de l’Escrinet (1984-2006) (Fig. 3). Cliquez sur le lien pour voir la tendance interannuelle au col d'Organbidexka. Voici la cartographie de l'ensemble des sites de migration active en France pour toutes les années répertoriées sur migraction.net: Epervier.

Aire d’hivernage

*Mondiale
La sous-espèce A. n. nisus hiverne dans la majeure partie de l’Europe, les populations sédentaires se voyant renforcées par les contingents nordiques, mais aussi en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Afrique de l’Est, surtout au Soudan et jusqu’en Tanzanie (Backhurst et al. in Cramp & Simmons, 1980). La sous-espèce A. n. nisosimilis hiverne en Asie du Sud, du Pakistan à la Chine et la Corée ; certains vont également hiverner en Afrique.


*En France
L’espèce est commune en hiver, la France accueillant des hivernants nordiques en plus d’une partie de sa population en grande partie sédentaire. Les effectifs atteignent à cette saison probablement au moins 100 000 à 200 000 individus (Dubois et al. 2001).

Migration

Type de vol
Le type de vol le plus courant est un vol battu alterné de quelques phases glissées ; l’espèce utilise toutefois volontiers les ascendances thermiques.

Heure
La phénologie horaire du passage varie fortement selon les sites de migration (Guillosson 1993). A  Organbidexka, l’espèce ne passe en grand nombre qu’à partir de 9h, et les effectifs s’accroissent jusqu’à la tranche 13h, pour rechuter nettement ensuite. A Gibraltar et à Falsterbo, le passage est le plus intense entre 9h et 12h.
Par contre, à Gruissan et au col du Bretolet (Suisse), l’Epervier migre principalement entre 9h et 16h, sans pic horaire marqué durant cet intervalle, avec un léger creux de midi imputable aux oiseaux non détectés du fait de leur altitude de vol. Les premiers migrateurs peuvent être notés dès le lever du jour.

Âge-ratio
A Falsterbo (Suède), les juvéniles migrent en moyenne plus tôt que les adultes lors de la migration d’automne, contrairement au schéma constaté chez les rapaces migrant sur de plus longues distance ou avec une plus forte proportion (Kjellen 1992).
En outre, la proportion de migrateurs est généralement plus élevée chez les juvéniles, et ceux-ci migrent en moyenne plus loin que les adultes.

Vitesse
Avec son vol mixte habituel, l’épervier se déplace en moyenne à 42 km/h en migration ; sans les alternances de vol glissé, il avance à 38 km/h (Bruderer & Boldt 2001).

Durée et distance
En général, dans les populations nordiques, les juvéniles migrent plus loin que les adultes, et les mâles plus loin que les femelles, mais le phénomène contraire est observé en Europe moyenne, où la dispersion est plus faible chez les mâles que chez les femelles. C’est par exemple le cas en Normandie (Chartier 1997) et en Grande-Bretagne (Newton 1986). Les mâles d’Epervier des latitudes boréales peuvent effectuer jusqu’à 2600 km de migration (Ferguson-Lees & Christie 2001).

Trajet migratoire
Cette espèce migre selon une trajectoire principalement nord-est/sud-ouest. La plupart des migrateurs traversant l’Europe de l’Ouest proviennent d’une partie de la Scandinavie et de Russie (Ferguson-Lees & Christie 2001). Ils passent ainsi en très grand nombre à Falsterbo, en Suède (autour de 10 000 par an en moyenne, 30 000 individus en 1999), mais peu sont ceux qui gagnent l’Afrique : seul un millier sont comptés chaque automne à Gibraltar, 500 dans le Bosphore et à peine 20 en Sicile.
L’espèce migre sur un large front et n’hésite pas à traverser la mer : de nombreux oiseaux danois et scandinaves vont d’ailleurs hiverner en Grande-Bretagne, ou l’empruntent comme voie de passage vers la Belgique ou le nord-ouest de la France (Wernham et al. 2002).
En France, au nord de la Méditerranée, c’est le défilé de l’Ecluse qui draine la majorité des oiseaux (maximum 1861 en 2011). Les oiseaux franchissant les Pyrénées le font plutôt par leur partie orientale (4100 individus en moyenne par automne de 2006 à 2011  au  roc de Conilhac à Gruissan-Narbonne – mais jusqu’à 7844 en 2010 -, et 814 au plateau de Sault en 2006) qu’occidentale (200 à 800 individus par automne lors du Transpyr). L’étude de la phénologie du passage de l’Epervier d’Europe sur les sites de suivi de la migration semble indiquer que selon leur origine, ce ne sont pas les mêmes couloirs de migration qui sont empruntés en France.

Passage postnuptial
La migration postnuptiale débute dès le mois d’août et se prolonge jusqu’à la mi-novembre, ce qui en fait l’une des plus étalées parmi les rapaces. La phénologie du passage de l’Epervier pose d’ailleurs plusieurs interrogations : la médiane du passage est très différente d’un site à l’autre. Plus on va vers le Nord, plus les oiseaux migrent tard. Guillosson (1993) note qu’au sud et à l’est d’une ligne allant des Alpes du Nord à l’est des Pyrénées en passant par Clermont Ferrand, la médiane du passage est plutôt précoce ; elle est plus tardive au nord et à l’ouest de cette ligne. Dans le détail, la médiane du passage se situe :

Cela pourrait indiquer plutôt une migration « en chaîne » qu’à « saute-mouton » : la première vague d’Eperviers (août) correspondant à des oiseaux suivant la migration des passereaux transsahariens, qui renforcent fortement l’effectif de passereaux présents autour du littoral méditerranéen à cette époque. Les vagues suivantes concerneraient également des oiseaux suivant le passage des passereaux locaux, jusqu’aux grands départs des fringilles et turdidés qui ont lieu en octobre et provenant essentiellement des contingents scandinaves, les derniers passages d’éperviers suivant ainsi les déplacements de gros de leur garde-manger. A Falsterbo, les pics de migration ont d’ailleurs lieu en septembre et octobre (médiane fin septembre), et non en août.


Passage prénuptial
Débute mi-février, très marqué en mars et début avril, et dure jusqu’en mai. Il est surtout marqué dans l’est du pays (Dubois et al. 2001). Le long de la vallée du Rhône, le pic a lieu lors des deux dernières décades de mars.

Records journaliers

  • 555 le 7 octobre 2010 au roc de Conilhac à Gruissan-Narbonne.
  • 551 le 20 septembre 2011 au roc de Conilhac.
  • 342 le 1er septembre 2007 au roc de Conilhac.

Statut juridique 

Espèce protégée.
UICN : Préoccupation mineure (LC).

Menaces liées à l’homme 

  • Les collisions avec les baies vitrées représentent la principale cause de mortalité de l’espèce en Grande-Bretagne (Wernham et al. 2002)
  • Les tirs volontaires
  • Electrocution

Bibliographie

BirdLife International (2004). Birds in Europe : population estimates, trends and conservation status. Cambridge, UK : BirdLife International.

Bruderer, B. & Boldt, A. (2001). Flight characteristics of birds : 1. radar measurements of speeds. Ibis 143: 178-204.

Chartier, A. (1997). Biologie de reproduction de l’Epervier d’Europe (Accipiter nisus) dans le bocage normand : 2ème partie. Le Cormoran, 10 : 21-28.

Chartier, A. (2004). « Épervier d’Europe » pp. 80-84 in Thiollay, J.M. & Bretagnolle, V. (coord.).- Rapaces nicheurs de France, Distribution, effectifs et conservation. Delachaux et Nieslé, Paris.

Cramp, S. & Simmons, K.E.L. (1980). The Birds of the Western Palearctic, Vol. II. Oxford University Press, Oxford.

Dubois, P.-J., Le Maréchal, P., Olioso, G. & Yésou, P.  (2001). Inventaire des Oiseaux de France. Nathan, Paris.

Ferguson-Lees, J. & Christie, D.A. (2001). Raptors of the world. Helm. London.

Guillosson, T. (1993). La phénologie de la migration post-nuptiale de l’Epervier d’Europe (Accipiter nisus) à Gruissan (Aude) en relation avec les mouvements de l’espèce dans le Paléarctique Occidental, Rapport de stage de maîtrise, Université de Montpellier II, juin 1993. 

Kjellen, N. (1992). Differential Timing of Autumn Migration between Sex and Age Groups in Raptors at Falsterbo, Sweden. Ornis Scandinavica, 23, (4): 420-434.

Newton, I. (1986) – The Sparrowhawk. T. & A.D. Poyser. 396p.

Urcun, J.P., Renard, B. & Auclair, D. (2006). Vingt-cinq saisons de programme transpyr : état des lieux.

Wernham, C., Toms, M., Marchant, J., Clark, J., Siriwardena, G. & Baillie, S. (2002). The Migration Atlas.
Movements of the birds of Britain and Ireland. British trust for Ornithology. London.

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